Archive pour la Catégorie 'Lieux'

27 août 1828: La Tour Pitrat s’est abousée

Le 27 août 1828, en haut des Pentes de la Croix-Rousse [Localiser approximativement], la Tour Pitrat, en cours de construction, s’effondre, tuant une fillette qui jouait à proximité.

Construite à l’initiative d’Horace Pitrat, maçon qui s’était enrichi en construisant des habitats spécialement pour les canuts, elle devait à terme mesurer 100 mètres et permettre de voir le port de Marseille, ville natale de Pitrat, par temps clair…

Une chanson circule alors rapidement:

Babolat, sais-tu la nouvelle ?
La Tour Pitrat vient d’s’abouser !
Bah ! J’crois qu’tu veux te gausser,
N’y a qu’un moment j’étais sur elle
Où s’que j’voyais le soleil de près,
Et comment qu’il avait l’nez fait.

Mais que veut donc dire « s’abouser » ? La définition est très imagée: s’effrondrer, tomber sans retenue, comme une …

Malgré cette déconvenue, il persiste et érige une version plus modeste (30 mètres). Avec les matériaux inutilisés, il crée un restaurant, Les Délices de Beauregard, équipé de chambres pour se retirer en toute discrétion avec les filles de petite vertu employées par l’établissement. Bref, une maison close… Le tout sera détruit en 1874.

Tour Pitrat, deuxième version

Laurent Ajdnik

25 août 1860: Inauguration du Palais de la Bourse

(Par Marine Giraud)

Le 25 Août 1860, Napoléon III et l’Impératrice Eugénie inauguraient le Palais de la Bourse de Lyon [Localiser], aujourd’hui occupé par la Chambre de Commerce et d’Industrie.

 

Palais de la Bourse vers 1900

Palais de la Bourse vers 1900

Construit entre 1855 et 1862, il est principalement l’œuvre de René Dardel, alors architecte en chef de la Ville de Lyon. Cependant, deux autres lyonnais œuvrèrent à la construction finale : Tony Desjardins puis Gustave Bonnet.

Cette construction fait partie d’un vaste projet de transformation urbaine qui avait pour double objectif :

  • De montrer la grandeur et la prospérité de la ville de Lyon, à l’image des grands travaux réalisés par le baron Haussman à Paris;
  • De faciliter la répression des insurrections populaires en éliminant un réseau de rues dense et tortueux.

Destiné dès l’origine à accueillir de nombreuses institutions, le Palais de la Bourse a notamment abrité : le Tribunal de Commerce, la Compagnie des courtiers en soie et marchandises (jusqu’en 1867), le Conseil des Prud’hommes (jusqu’en 1927) et le Crédit Lyonnais (jusqu’en 1934).

Les statues ornant le bâtiment illustrent de manière symbolique sa destination: Justice, Tempérance, Agriculture, Commerce, Industrie…

Les deux façades Nord et Sud sont richement décorées avec de nombreux entablements, balcons et colonnes. La plupart des peintures des plafonds intérieurs sont l’œuvre d’artistes lyonnais.

C’est en sortant de l’édifice le 24 juin 1894 que le président de la République Sadi Carnot se fait assassiner par l’anarchiste Sante Geronimo Caserio sous les fenêtres donnant sur la Rue de la République.

Depuis 1994, le Palais du Commerce est classé monument historique.

 

Palais de la Bourse de nos jours

Palais de la Bourse de nos jours

16 décembre 2010: Signature du SCOT 2030

D’habitude, ExploraLyon s’intéresse au passé de notre ville. Mais, pour une fois, projetons-nous dans l’avenir.

Après plus de 5 ans d’études, le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) de l’Agglomération Lyonnaise a été adopté le 16 décembre 2010. Baptisé SCOT 2030, il structure l’évolution de l’agglomération pour les 20 années à venir. Le périmètre est imposant: 72 communes (Grand Lyon + partenaires) totalisant 1.312.000 habitants répartis sur 730 km².

ExploraLyon vous livre quelques clés pour appréhender les décisions prises.

Cinq grands défis ont été identifiés au début de la démarche:

  • Attractivité résidentielle et solidarité
  • Emploi et rayonnement
  • Multipolarité, déplacements et organisation du territoire
  • Espaces naturels et agricoles
  • Environnement

Trois orientations structurantes ont été retenues:

  • Le développement économique (renforcement de l’offre d’immobilier tertiaire, réservation de foncier près des pôles de compétitivité et des campus…) et résidentiel (150.000 habitants supplémentaires, identification d’une vingtaine de polarités urbaines, densification autour des noeuds de transports collectifs, refus de l’étalement urbain…)
  • L’environnement: préservation des ressources naturelles, réduction des gaz à effet de serre, réduction de la consommation d’énergie, réduction des déchets…
  • La solidarité: 50.000 logements sociaux supplémentaires, mieux répartis, pour atteindre 28 à 30% du parc immobilier total…

Trois réseaux mailleront le territoire:

  • Les transports collectifs: REAL (RER à la lyonnaise, en étoile et rocades), parc-relais, intermodalité…
  • Les espaces naturels: protection du foncier naturel et agricole, corridors écologiques, développement d’aménagements de loisir/découverte, soutien de l’agriculture périurbaine…
  • Les fleuves: valorisation des berges et des lônes, confortement du Port Edouard-Herriot, nouvelles infrastructures fluviales…

Chaque territoire évoluera selon ses spécificités:

  • Nord: renforcement des transports collectifs, préservation du patrimoine naturel et agricole, aménagement des berges de la Saône, renforcement du trafic fluvial…
  • Sud: recomposition de la vallée de la chimie vers les technologies vertes, croissance organisée autour de 5 pôles urbains dont Givors/Grigny…
  • Est: il absorbera un tiers de la croissance démographique prévue, tout en s’imposant comme un modèle de ville durable du futur…
  • Ouest: arrivée du TOP (Tronçon Ouest du Périphérique), amélioration des transports en commun, préservation de sa trame verte, diversification de son offre immobilière…
  • Centre: reprise de la croissance démographique, mixité fonctionnelle des activités économiques, vitrine de l’agglomération pour certaines fonctions (notamment l’Université), articulation des projets avec ceux de la première couronne…

Vous l’aurez compris, cette démarche représente une page importante de l’histoire lyonnaise. Je vous invite à consulter le site officiel du SCOT sur lequel vous trouverez plus de détails. Le dossier de presse constitue un bon point de départ.

Laurent Ajdnik

La friche RVI

Avant la fermeture définitive de la Friche RVI [Localiser], une délégation ExploraLyon s’est rendue sur place pour le dernier jour du festival Sortie d’usine.

De 1902 à 1998, ce site a accueilli les entreprises Berliet puis Renault Véhicules Industriels. Depuis 2002, un collectif d’artistes auto-géré, selon les principes de la démocratie directe, occupe ce bâtiment de… 35 000 mètres carrés ! Ils sont environ 400 à stocker, bricoler, créer, et même vivre sur place.

Le lieu doit être libéré fin juillet 2010 pour laisser place à un projet d’extension de la Société d’Enseignement Professionnel du Rhône voisine. Une bibliothèque, un gymnase, un espace vert et des résidences étudiantes seront aussi créés. Les occupants de la Friche se battent pour conserver les locaux, ou être relogés dans une superficie équivalente.

Voici quelques photos pour vous faire partager l’atmosphère inégalable de ce site de « création alternative »:

Hall central

Le coin du célèbre Clown Buno

Un bien joli oiseau

Cimetière des vélos

Animal métallique

Allée extérieure (avec l'inscription "SEPR m'a tuer")

Porte crâne

Coin caravanes

Le bus rouge

Le lotus

Dentelle de bois

Le canal de Jonage

Dans l’est de l’agglomération s’étend le Canal de Jonage [Localiser], ponctué d’ouvrages remarquables. De nombreux travaux d’aménagement sur plusieurs années ont démarré le 22 février 2010 [Site officiel].

Le canal en lui-même
Son creusement sur 19 kilomètres, de 1894 à 1899, emploie 3000 ouvriers sous la direction d’Abel Goteland, ce qui en fait alors l’un des plus gros chantiers au monde. Une digue à flanc de colline traverse les communes de Jonage, Meyzieu, Décines-Charpieu, Vaulx-en-Velin puis Villeurbanne.

Il pour triple objectif de:

  • réguler le débit du Rhône
  • permettre la navigation, après l’échec du Canal de Miribel victime d’un renversement rapide de pente…
  • alimenter l’usine hydro-électrique de Cusset (déformation supposée de Cul-Sec puisque le quartier était en haut d’une colline, donc à l’abri des inondations)

EDF en détient la concession jusqu’en 2041.

Le barrage de Jonage et les écluses
Contemporain du canal, ce « barrage de garde » en commandait l’entrée. Il comporte un écluse simple [Vue satellite]. Une écluse double ferme le canal au niveau de l’usine (voir plus bas). Ces écluses mesurent 105×16 mètres (soit 2,5 fois en longueur et 3 fois en largeur le très fameux Gabarit Freycinet)

Le barrage de Jons
Il entre en service en 1937. Situé à l’entrée du Canal de Miribel, il permet d’y déverser le débit excédentaire du Canal de Jonage lorsqu’il dépasse la capacité de l’usine (600 mètres-cubes par seconde). Il rélègue le barrage de Jonage à un rôle subalterne. Il possède un tour sympathique [Photo dynamique, le canal de Jonage étant sur la gauche]

Déversoir d’Herbens
Cette superbe installation [Vue satellite] permet d’évacuer le trop plein du canal vers le parc de Miribel-Jonage en cas de panne de l’usine.

Réservoir du Grand Large
D’une superficie de 150 hectares [Vue satellite, Photo dynamique], il servait de réserve d’eau jusqu’à la création du barrage de Jons. Il est vite pris d’assaut par les pêcheurs et les promeneurs. Sans parler des amateurs de voile, notamment au sein du Cercle de Yachting à Voile du Grand Large [Site officiel].

Usine hydro-électrique de Cusset
Elle est située sur le canal de Jonage, entre Villeurbanne et Vaulx-en-Velin [Vue satellite, Photo dynamique]. Inaugurée en 1899, elle est alors la plus puissante au monde. C’est sans doute aujourd’hui la plus ancienne encore en activité. Avant sa mise en service, la production nationale d’électricité était de 7 000 kW. A elle seule, elle en ajoute 25 000 !!! Aujourd’hui, sa puissance est de 65 000 kW, assurée par une chute d’eau de 12 mètres sur 15 turbines Kaplan, ce qui correspond environ à 20% de la consommation de Lyon intra-muros. Elle fait l’objet d’une demande de protection en cours au titre des Monuments Historiques.