4 mars 1853: Claude-Marius Vaïsse nommé préfet de Lyon

Le 4 mars 1853, Napoléon III nomme par décret impérial Claude-Marius Vaïsse (1799-1864) administrateur du département du Rhône et préfet de Lyon. Même si le titre avait été supprimé quelques temps plus tôt, il occupe de fait la fonction de maire.

Dans l’optique de faire de la ville la capitale du Sud-Est de la France, il engage une série impressionnante de grands travaux qui lui vaudront le surnom de « Haussmann lyonnais » (en référence à George Eugène Haussmann, qui a profondément transformé et modernisé Paris).

Par exemple, sur la presqu’île, il fait percer trois grands axes nord/sud:

  • La Rue Victor Hugo.
  • La Rue de l’Impératrice, qui deviendra Rue de l’Hôtel de Ville puis Rue Édouard Herriot.
  • La Rue Impériale, rebaptisée ensuite Rue de Lyon. C’est l’actuelle Rue de la République (on emploiera plus volontiers l’apocope hypocoristique « Rue d’la Ré »).

Deux nouvelles places voient alors le jour: la Place Impériale (Place de la République) et la Place des Cordeliers.

Projet d’aménagement de la presqu’île (1863)

Parmi les autres réalisations remarquables de cette époque, on peut citer:

  • La Compagnie Lyonnaise des Omnibus, créée en 1855 et lointain ancêtre des TCL.
  • Les premiers « Grands Magasins » de Lyon sur les deux places nouvellement créées:
    • Place des Cordeliers, A la ville de Lyon (1856) renommé plus tard Le Grand Bazar, rasé en 2007 et remplacé par l’enseigne Monoprix.
    • Place de la République, Aux deux passages (1857) s’agrandira au fil des ans pour devenir Le Printemps.
  • La Gare de Lyon Perrache, qui prend du service pour le compte de la Compagnie PLM le 2 juin 1857.
  • Le Palais de la Bourse, inauguré le 25 août 1860 en présence de l’empereur et de son épouse.
  • L’Hôpital de la Croix-Rousse, qui ouvre ses portes le 7 décembre 1861, en renfort de l’Hôtel-Dieu arrivé à saturation.

Et bien sûr l’incontournable Parc de la Tête d’Or accessible au public dès 1857, alors que, coïncidence amusante, commence l’aménagement de Central Park à New York. Vaïsse souhaitait en effet « donner la nature à ceux qui n’en ont pas ».

Il décède en fonction le 8 août 1864. La physionomie actuelle de Lyon lui doit beaucoup.

Anecdotes:

  • Un buste lui rend hommage en plein cœur du parc, à côté du vélodrome. Il y contemple paisiblement son œuvre.
  • La plaque descriptive contient une erreur puisqu’elle fait allusion à… Jean-Claude Vaïsse.
  • Le buste paraît bien minuscule sur son immense piédestal. En fait, il devait à l’origine accueillir une statue qui, changement de régime oblige, finira fondue et reconvertie par les établissements Seguin en… robinets !

Laurent Ajdnik

9 Réponses à “4 mars 1853: Claude-Marius Vaïsse nommé préfet de Lyon”


  • bonjour
    je vous laisse un petit billet pour vous remercier des info que vous avez mises sur le préfet Vaïsse et dont les liens m’ont permis d’approfondir ce thème. merci donc pour votre travail
    Ianix

  • WIECZOREK Sébastien

    bonjour,
    un article particulièrement intéressant sur un préfet qui a tant fait pour le prestige de la ville de Lyon et pour son développement mais dont le nom est aujourd’hui quasiment oublié des lyonnais
    un grand merci pour ces informations qui éclairent notre histoire d’un jour nouveau
    merci pour ce travail formidable
    Sébastien

  • Thierry Montvernay

    Bonjour,
    Merci pour ces précisions historiques.Connaissant le piédestal sur lequel le buste de Cl-M. Waïsse est placé, j’avais bien imaginé qu’il était déstiné à une statue d’une autre dimension. Sait-on de qui s’agissait’il ?

    A vous lire
    Cdlt
    Thierry

  • Laurent Ajdnik

    Bonjour Thierry,

    ce piédestal était dès l’origine prévu pour Claude-Marius Vaïsse. C’est juste le format de la statue elle-même qui a évolué.

    Laurent

  • France Bonnet

    Encore une oeuvre de ce prefet : le chemin de Choulans .

  • Grace à toi ma « culture Lyonnaise » s’améliore encore
    Merci Laurent

  • Toujours un plaisir de vous lire avec la certitude d’apprendre à chaque fois quelque chose d’intéressant !
    Merci.

  • Merci pour lui et pour nous car si on connait bien le nom de

    Vaïsse , on (dont moi) n’a pas tjrs en tête tout ce qu’il a

    fait. Re grand merci pour cette mise à jour très claire, très

    instructive, très attrayante.

  • Elizabeth CLERC

    – Les prénoms de naissance de notre préfet sont : Jean Claude Marius Magdeleine Vaïsse. Mais il est connu sous le nom de Claude-Marius. C’est pour cela que le « Jean-Claude » Vaïsse du Parc fait toujours un choc.
    – L’histoire de la statue fondue en robinets est très triste. Je cite Wikipedia :
     » Cependant, après sa disparition, l’époque plus libérale ne tient pas à honorer la mémoire de Vaïsse, qui incarne l’autoritarisme du Second Empire, et à qui on reproche des travaux qui ont coûté cher et rejeté les classes populaires vers les anciens faubourgs. De plus, la presse s’interroge sur l’origine de sa fortune, notamment le journal satirique La Marionnette, ce qui donne lieu à plusieurs procès entre l’éditeur du journal et les héritiers de Vaïsse. Il est révélé que le préfet était intéressé pour un seizième dans une charge d’agent de change, ce qui expliquait son enrichissement, et qu’il était « marié sans l’être » à la veuve du général Damrémont, tué en 1837 lors du siège de Constantine : pour permettre à la veuve de continuer à toucher sa pension, ils s’étaient mariés religieusement en Allemagne, ce qui fait que l’union n’avait pas de valeur légale en France ».
    « Une statue de trois mètres de haut est commandée par le successeur de Vaïsse, Henri Chevreau et réalisée par Guillaume Bonnet, mais devant l’opinion publique défavorable, elle n’est pas installée à son emplacement prévu sur la place de l’Impératrice (actuelle place des Jacobins). Elle reste entreposée pendant plusieurs décennies par les services municipaux. En 1890, Louis Lortet souhaite récupérer le métal pour ériger une statue à Claude Bernard. Les héritiers de Vaïsse l’apprennent et rachètent la statue pour 5 500 francs. Cependant, devant la taille du monument, ils renoncent à la récupérer, et la statue reste entreposée à Lyon. Ils finissent par la vendre à une entreprise de robinetterie pour être fondue en 1902. Dans le parc de la Tête d’Or, un simple buste orne le socle monumental qui devait accueillir la statue, près du vélodrome ».

    L’attitude à l’égard de ce grand homme a été mesquine.

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